Tome 2 des Mémoires d’un Veilleur

Dans quelques jours paraîtra Trahisons, le deuxième tome des Mémoires d’un Veilleur.

« Tu le dis souvent, maman, nous aussi avons choisi notre voie, comme papa et toi »

Bicelmos Cooper, Trahisons, mémoires d’un Veilleur, Tome 2

Détails

Cette histoire se passe une vingtaine d’années après l’Année perdue. Les principaux protagonistes du Tome 1 sont devenus Veilleurs itinérants ou attachés. Elle met en scène les vieux Veilleurs (ben oui, ils ont vieillis quand même, même Jack, si si un petit peu je vous assure 😉 ) et leurs enfants.

Synopsis

Qui enlève successivement Jack puis Alex ?
Pourquoi Solène est-elle contrainte d’observer le passé tragique de son mari ?
La jeune génération saura-t-elle aider les Veilleurs en découvrant le lourd secret d’Eyríkur ?
Solène devra naviguer entre passé, présent et futur, sans jamais déroger à la première règle des Veilleurs :

Ne jamais interférer avec le passé.

Extrait

Octobre 2026
Jack manœuvra doucement la petite corvette à l’approche du cargo qui avait envoyé un signal de détresse. Il scrutait la coque, le vaisseau ne semblait pas avoir subi d’avarie. Le champ de protection qui protégeait le garage du vide n’était pas enclenché, ce qui les interpella. Alex demanda à plusieurs reprises l’autorisation d’apponter. En l’absence de réponse, ils posèrent la corvette sur le tarmac.
Les Veilleurs magnétisèrent leurs chaussures et enclenchèrent le champ de protection de leur combinaison. Une bulle invisible entoura leur tête pour emprisonner l’air ambiant et le système de filtrage autonome s’enclencha. Les combinaisons étaient conçues pour les protéger du froid et du vide. Ils attendirent que la porte de la soute soit totalement ouverte pour descendre prudemment sur le tarmac, armes à la main. Après s’être assurés qu’il n’y avait personne, ils avancèrent vers l’écoutille près de laquelle deux droïdes éteints rechargeaient. Le couloir qui menait à la tour de contrôle désertée était pressurisé et le taux d’oxygène satisfaisant, leur permettant de nouveau de respirer à l’air libre. Jack vérifia les données de l’ordinateur central. Ils étaient les seules formes de vie animale présentent à bord. Après plusieurs essais, il parvint finalement à remettre le générateur de gravité en route. Le champ de protection ne fonctionnait plus et il n’était pas possible d’étendre le champ gravitationnel au garage. Alex vérifiait les plans, lorsqu’il remarqua le nom et la date indiquée dans le cartouche. Les deux hommes restèrent pantois, le Marie-Antoinette n’existerait que dans trois cents ans, il était de facture terrienne et n’était en aucun cas autorisé à voyager hors de son époque. Jack prépara un message pour la base principale.
— Tu ne parviendras pas à l’envoyer… lui fit remarquer Alex en lui montrant l’objet qu’il tenait dans sa main. Le système de communication a été saboté !
— Je déteste les vaisseaux fantômes ! Allons visiter la salle de commandement, nous enverrons les données à Brangwen lorsque nous reviendrons à la corvette.
Tous deux avançaient prudemment dans les couloirs sombres. Ils arrivaient près du poste de pilotage lorsqu’une petite vibration aussitôt suivie d’un bruit de verre cassé attira leur attention. Ils se placèrent autour de la porte de la pièce incriminée. Jack l’ouvrit doucement et Alex entra l’arme au poing en déclinant leur identité et leur mission, comme l’exigeait la procédure.
En l’absence de réponse, ils entrèrent tous les deux, décidés à fouiller les lieux. Alex s’écroula soudainement et la porte se referma violemment derrière eux. Jack se précipita auprès de son équipier qu’il allongea sur le dos. Il observa ensuite la pièce. Il s’agissait un salon privé, meublé d’un canapé en velours rouge, d’une table basse et de diverses consoles. M. Cooper remarqua un vase brisé parmi plusieurs objets renversés. Alex avait repris connaissance et tentait vainement de se relever. Il arrivait à peine à parler. Jack l’adossa au canapé et l’examina méticuleusement, une minuscule fléchette restait plantée dans son cou. Il la renifla, observa les consoles et découvrit de petites fioles sur l’une d’elles. Il vérifia l’odeur de la tête de la flèche et les noms écrits sur les étiquettes. Ses craintes s’avérèrent lorsqu’il découvrit le nom du poison sur l’une d’elles. Il retourna auprès d’Alex qu’il allongea sur le canapé. Il pouvait lire la panique dans les yeux de son vieil ami qui n’était plus maître de son corps.
— Tu dois rester conscient ! Le poison va paralyser tes membres et tes fonctions vitales les unes après les autres. Je vais te sortir de là, mais reste conscient !
Jack tenta de contacter la base directement depuis les téléporteurs, mais ils réagissaient étrangement même en les couplant aucun signal ne parvenait à passer. Il décida alors de contacter Solène. Leur union leur avait donné la faculté de communiquer par la pensée. Ce n’était pas de la télépathie, comme elle est pratiquée chez beaucoup de peuples et personne ne savait qu’ils pouvaient communiquer de cette façon. Ils ne l’utilisaient que rarement lorsqu’ils voulaient discuter en toute discrétion ou pour se passer des informations importantes.
Solène soupait avec ses enfants lorsqu’elle reçut le message de son époux. Elle avait l’habitude de ne pas ciller lorsqu’ils communiquaient de cette façon.
— Jeune-fille, nous sommes tombés dans un piège. Alex est empoisonné. L’antidote se trouve dans le compartiment vingt du cinquième coffre. Il ne reste que peu de temps. Les téléporteurs sont bloqués. Essaye de trouver un moyen.
Cette fois, elle resta un instant sans réaction. Devant le regard interrogateur des enfants, elle se leva et utilisa le communicateur qui la reliait à la base londonienne pour demander à Baptiste de lui amener l’antidote et de prévenir la base principale.
Quelques minutes plus tard, Brangwen leur expliqua la mission qu’elle avait confiée aux Veilleurs. Elle était inquiète, les senseurs ne repéraient plus ni le cargo, ni la corvette, ni les téléporteurs. Elle avait déjà lancé des recherches, pour l’instant infructueuses. Solène savait que le temps était compté. Ce poison agissait rapidement, malgré son entraînement, Alex ne pourrait pas résister longtemps.
— Si on leur a tendu un piège, l’auteur a peut-être envoyé le vaisseau ailleurs, suggéra Baptiste.
— Si c’est le cas, nous mettrons un certain temps pour les retrouver. On risque d’arriver trop tard ! Solène, comment Jack t’a-t-il contactée ?
— Nous discutons mentalement… Ne me demande rien, Brangwen, s’il te plaît !
— Je ne te poserai pas de question pour l’instant. Nous n’en avons pas le temps. Je mets la base principale en alerte et j’envoie des corvettes aux dernières coordonnées reçues.
Solène reçut un nouveau message mental, qu’elle relaya aussitôt.
— Jack pense qu’ils sont désynchronisés de quelques secondes, il ne sait pas dans quel sens. Je peux les retrouver. On n’a pas de temps à perdre, Alex va bientôt manquer d’air !
— Je te l’interdis, c’est trop dangereux !
— Je ne les laisserai pas ! Je peux le sentir, je peux les trouver !
— Comment ? Tu ne peux pas utiliser le téléporteur sans coordonnée précise !
— Tu ne peux pas comprendre, Brangwen !
— Je viens avec toi.
— Non Baptiste ! Si je me suis trompée et que je finis dans le vide ou dans un trou noir, nos enfants seront seuls… Protège-les ! Préviens Eleonora.
Solène embrassa Bicelmos et Bronwen et leur murmura quelques mots. Elle prit l’antidote, se recula et activa le téléporteur. Elle arriva directement à côté de son mari, qui, la surprise passée, la retint le temps qu’elle reprenne son équilibre. Solène entendit Alex murmurer quelques mots.
— Dis à Eleonora que je l’aime.
Il agonisait, Jack le maintenait toujours éveillé pour ralentir l’effet du poison. Solène n’attendit pas une seconde de plus et injecta l’antidote directement dans le cœur de son mentor en lui parlant doucement.
— Tu lui diras toi-même !
Alex reprit peu à peu un rythme cardiaque régulier et respira de nouveau normalement. Il était toujours inconscient. Son esprit naviguait dans son passé, il revivait sa rencontre avec Eleonora. Il revoyait cette superbe femme iszurka qui approchait de leur table et l’effet qu’elle avait produit sur lui, les taquineries de Baptiste, puis sa rencontre avec les époux Cooper et leurs enfants, le jour de la naissance de Bronwen, les mots de Bicelmos lorsque Jack avait déposé le paquet de linge blanc dans ses bras : “Il faut être doux, elle est toute neuve”. Il se souvint de l’émotion qu’il avait ressentie et repensa à la première fois où il avait tenu sa fille, puis à ses premiers pas et à la première fois où elle l’avait appelé papa. Il sentit alors les mains qui caressaient ses cheveux et la voix de sa protégée qui l’incitait à revenir dans ce monde. Il ouvrit enfin les yeux. Dès qu’ils furent rassurés, ses compagnons échangèrent un long regard et un sourire. Tous deux étaient soulagés, même s’ils savaient qu’ils devraient fournir une explication à Brangwen.
— As-tu eu le temps de mettre une combinaison ?
— Non, je n’ai rien d’autre que mes vêtements et l’antidote.
— Comment as-tu pu venir si vite ?
— Ne parle pas, repose-toi, l’antidote n’a pas encore fini son travail, répondit Jack avec un clin d’œil. Tu sais où nous nous sommes unis, Alex. Je pense que tu connais toute la légende. Nous pouvons communiquer par la pensée et aussi nous retrouver en cas de nécessité. La base est-elle prévenue ?
— Oui, Brangwen a mobilisé les équipes pour analyser les secondes qui entourent les dernières coordonnées connues du cargo.
— Dès qu’Alex pourra marcher, on devra rejoindre le transport !
Alex dévisagea sa protégée qui lui semblait gênée. Il connaissait effectivement la légende qui entourait ses amis, Eleonora lui avait expliqué ce qu’elle en savait. Une dizaine d’années plus tôt, alors qu’ils revenaient de leur voyage de noces, il avait eu confirmation que ce n’était pas qu’une légende. Alex posa son doigt sur la bouche de la jeune femme qui balbutiait maladroitement quelques excuses.
— Vous n’avez rien fait de mal, murmura-t-il alors. Je l’ai su dès que vous avez posé le pied sur le tarmac, ce jour-là.
Solène sourit et remercia son mentor. Elle réitéra le conseil de Jack et Alex se reposa. Il se remémora la discussion houleuse qu’il avait eue avec son vieil ami alors qu’ils s’entraînaient au tir.
« Est-ce vrai ?
— De quoi parles-tu, Alex ?
— Tu le sais très bien, Jack !
— On ne peut décidément rien te cacher !
— Pas quand ça vous concerne Solène et toi. Pourquoi ?
Jack avait hésité un instant avant de répondre, il imaginait sans peine la réaction de son vieil ami, mais il devait lui dire la vérité.
— Je ne veux plus la perdre… Je refuse d’avoir à lui survivre. Je ne sais pas combien d’années il me reste, mais Solène vieillit plus vite que moi… Elle vieillit même trop rapidement pour une humaine.
— As-tu pensé à vos enfants ? As-tu pensé que vous pourriez ne pas revenir d’une mission et que si l’un d’entre vous venait à disparaître, ils seraient orphelins ? Ils n’ont que six et huit ans !
— On y a pensé, on est resté un mois devant la paroi rocheuse, avant d’y inscrire nos vœux et de consommer notre union. Le temps n’a pas d’incidence là-bas, on ne le sent pas passer, on ne ressent ni la soif, ni la faim, ni la fatigue, comme si la salle était hors du temps. Nous ne nous sommes rendu compte du temps passé que lorsque nous avons rejoint le vaisseau. Solène attend le bon moment pour t’en parler, mais c’est peut-être à moi de te demander de prendre soin de nos enfants, le cas échéant.
— Je le ferai, Baptiste aussi. Tu le sais parfaitement !
— Je le sais, mais tu la connais, ta protégée a toujours besoin d’être rassurée lorsqu’il s’agit de Bicelmos et Bronwen.
— Pour leur sécurité et la vôtre, cette union doit rester secrète !
— Je le sais, Alex… Tu as raté un tir…
— Tu en as raté deux, vieil homme… »
Jack avait profité de la présence de Solène pour fouiller entièrement la pièce et la chambre attenante. Il découvrit une combinaison accrochée au milieu de robes de soirée futuristes qui lui arrachèrent un sourire.
— Je ne mettrai jamais une telle chose, vieil homme !
— Dommage, j’aurais demandé à Lisa d’en confectionner une similaire… Plus sérieusement, cette combinaison devrait t’aller.

Image de couverture

Image de couverture de Trahisons. Elle représente le gisant dans tombeau de Myrddin.
Gisant du tombeau de Myrddin

L’image de couverture a été réalisée par Christelle. Vous pouvez trouver ses illustrations ici.

Le trailer est en cours de finalisation et sera diffusé dans la semaine avec une surprise…

Dans les semaines à venir, je mettrai à jour les arbres généalogiques, les illustrations et j’ajouterai quelques nouvelles en lecture libre directement sur le site.

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